Championnats du Monde de pétanque, la fin d’une époque

Publié le 17/05/2022 à 14:19
par Lionel ZANET


LA FIN D'UNE ÉPOQUE

 
Avec cinq finales sans présence française, les championnats du monde de Karlslunde ont peut-être signé la fin de l’hégémonie hexagonale sur la pétanque mondiale.


 

 

Championnats du Monde tête-à-tête et doublettes - Danemark - Du 12 au 15 mai

La fin d’une époque

 

Organisés en l’absence de Madagascar (interdite de compétition pour raisons disciplinaires), les championnats du monde doublettes et tête-à-tête, qui viennent de s’achever à Karlslunde, au Danemark, ont été plus qu’ouverts. Les différentes défaites des formations hexagonales enregistrées à partir des quarts de finale ont en effet entrebaillé en grand les portes de compétitions internationales trustées généralement par la France. Résultat : un nouveau titre en individuel pour la Suisse, un doublé pour la Thaïlande en mixte, le sacre pour Rizzi et Cocciolo et deux titres pour l’Espagne avec l’individuel masculin et la doublettes féminine. Retour sur quatre jours qui ont ébranlé la planète pétanque.

 

 

 

Samedi noir pour la France

 

La sélection concoctée par la DTN, avec Rocher, Lacroix, Darodes et Peyrot ne semblait pouvoir souffrir d’aucune critique : on y retrouvait la championne du monde en titre, une doublette hommes invaincue en championnat de France et, peut-être, la meilleure tireuse française actuelle. Pourtant, sur des terrains dont on savait qu’ils allaient fournir de grosses surprises, la France se faisait prendre au piège. Les ennuis tricolores commençaient dès les huitièmes : Henri Lacroix ne parvenait pas à se défaire de Maiki Molinas dans le remake de la finale 2019, et Charlotte Darodes chutait inexplicablement contre la Tchèque Hodbod’ova. Mais la stupéfaction des supporters français allait sans cesse s’accroître : en quart de finale, Rocher et Peyrot s’inclinaient logiquement face aux Thaïlandais Sriboonpeng et Fueangsanit, avant que Darodes et Peyrot ne s’inclinent face à la doublette malaisienne Abdul Aziz/Binti Mod Asri. Tous les espoirs français reposaient alors sur la paire Lacroix/Rocher, mais celle-ci chutait 13-12 face à la Suisse de Maïki et Mamour Molinas. Un dernier carré de championnat du monde sans la France, on n’avait jamais vu ça : la frustration était immense dans le camp français, et surtout dans le cœur des champions et des championnes tricolores, qui étaient venus pour l’or et qui devaient repartir sans avoir pénétré dans le carré final.

 

 

Des championnats grand ouverts

 

L’occasion était belle pour bien des nations qui avaient à tant de reprises vu leurs ambitions se briser sur l’obstacle français. Pourtant, nombre d’entre elles allaient aussi manquer la dernière marche. On pense au Sénégal de Fara N’Diaye, qui s’inclinait au terme d’une longue lutte face à l’Italie, et plus généralement à l’ensemble des pays africains, qui ne parvenaient pas à marquer de leur empreinte ces Mondiaux, à l’exception peut-être de la Tunisie qui avec Boughriba et Ben Brahim ne s’inclinait qu’en demi-finale de la doublette masculine face à l’Italie. Constat en demi-teinte également avec la Thaïlande, qui ne brillait qu’en doublette mixte : la paire masculine Sriboonpeng/ Toosewha ne sortait pas des poules, les championnes du monde Fueangsanit et Wongchuvej calaient en huitièmes face à l’Espagne, et Wongchuvej subissait en demi-finale de l’individuel la loi de la Norvégienne Homniam. Autant de résultats qui démontrent, à n’en pas douter, un changement d’époque : de plus en plus de pays sont capables de se hisser au plus haut niveau mondial, et les grandes nations, lorsqu’elles ne fournissent pas le jeu qui a bâti leur hégémonie, vacillent sur leur piédestal.

 

 

Un dimanche de fête

 

Même si l’Asie était bien présente au départ des cinq finales d’aujourd’hui, c’est néanmoins l’Europe qui s’apprêtait à se tailler la part du lion dès ce matin. Deux finales pour l’Italie et pour la Suisse, trois pour l’Espagne : il fallait toutefois parvenir, pour ces trois pays, à gravir la dernière marche. C’est Jesus Escacho qui y parvenait le premier : en disposant de Diego Rizzi à l’issue d’une partie parfaitement maîtrisée, le jeune Espagnol démontrait qu’il était déjà l’un des meilleurs joueurs du monde. Dans la finale du double mixte, l’Espagne déchantait ensuite : face à des Thaïlandais souverains, Reyes et Cardenas ne parvenaient pas à rivaliser, et Sriboonpeng et Fueangsanit coiffaient, après 2019, une deuxième couronne mondiale.

 

 

C’était ensuite au tour de la Suisse d’exulter : Sylviane Metairon, appuyée par son coach Didier Choupay, dominait la Norvégienne Ranu Homniam à l’issue d’une partie solide.

 

 

Mais derrière ces portes qui s’étaient ouvertes avec les défections de la France, on attendait surtout les Italiens. Rizzi et Cocciolo ne décevaient pas, et disposaient de Molinas père et fils grâce à une prestation de tout premier plan. Voir les deux maestros transalpins chanter à pleine voix l’hymne italien sur la plus haute marche du podium restera, à coup sûr, comme l’une des images fortes de ces Mondiaux.

 

 

Il restait encore une finale, et l’Espagne n’avait pas dit son dernier mot. Son affrontement avec la Malaisie, en finale des doublettes féminines, laissait espérer un deuxième titre pour les Ibériques. Face à des joueuses malaisiennes talentueuses mais un peu dépassées par l’événement, les Espagnoles Blasquez et Rayes faisaient preuve de réalisme et, malgré un peu de difficulté à concrétiser en fin de partie, devenaient elles aussi championnes du monde. L’Espagne, revenue sur le toit du monde, pouvait pavoiser.

 

 

Le Danemark aussi, qui a su parfaitement organiser ces Mondiaux et, cerise sur le gâteau, glisser son équipe mixte en demi-finale, pour le plus grand plaisir de son public et de son coach Michel Loy. La fête a été belle, et la pétanque en est sortie grandie. 

 

 

 

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